Agence Blew | Le COVID 19, catalyseur de la métamorphose des Bureaux ?
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Le COVID 19, catalyseur de la métamorphose des Bureaux ?

En tant que chef d’entreprise, architecte d’intérieur et férue d’innovation et de co-design, imaginer le #Futureofwork me passionne depuis de nombreuses années et me concerne directement à tous les titres. 

Or la crise sanitaire du COVID 19 et le confinement qui l’a accompagnée a bouleversé d’une manière incroyablement rapide l’organisation du travail des entreprises et administrations. 

Dans les bureaux, alors que seulement 11% des salariés et indépendants* avaient l’habitude de télétravailler avant le confinement, 7 sur 10 sont passés en « home office » du jour au lendemain selon une étude Deskeo*, et 95% des organisations ont eu recours au télétravail pendant le confinement d’après l’ANDRH.

Si certains ne connaissaient pas encore le concept VUCA, la crise que nous traversons en est donc l’illustration parfaite : une situation Volatile, survenue brutalement, à l’issue Incertaine (Uncertainty), aux ramifications Complexes et Ambiguës. 

Si la seule certitude que nous pouvons avoir est qu’il n’y en a aucune, j’ai toutefois voulu essayer

  • de faire le bilan des 2 mois de télétravail qui venaient de s’écouler, 
  • d’envisager l’éventail des possibles pour les entreprises en termes d’organisation du travail …
  • … puis ses implications pour l’environnement de travail en tant que tel. 

Exercice stimulant s’il en est, et qui fera l’objet de 3 articles différents, dont je partage avec vous avec plaisir aujourd’hui le premier volet.

Alors, quel bilan pouvons-nous en tirer ?

Bien sûr, nous n’avons pas été tous égaux face au confinement, selon nos m2 disponibles, la configuration de notre habitat, disposant d’un accès ou non sur l’extérieur, la structure de notre famille (les parents d’enfants de moins de 15 ans comprendront), la qualité de notre équipement informatique ou celui de notre réseau internet, notre ressenti a pu être très différent !

Par ailleurs, certains services dans les entreprises ont vu l’activité et la pression baisser, alors que d’autres ont été au contraire davantage sollicités. 

Et je parle bien entendu ici de ceux qui ont eu la chance de ne pas être touchés directement ou indirectement par le virus. 

En synthèse :

Le positif en détail :

  • Un sentiment de liberté et d’autonomie, avec une gestion du temps plus individualisée 
  • Un gain de temps en transports, qui profite à la fois à sa vie privée (cuisine, enfants, détente…) et à un temps de travail accru pour presque 60% des salariés*
  • Quand les conditions sont favorables, une concentration et une performance accrues, à relier à une moindre sollicitation de l’environnement de travail (questions des collègues et managers, appels téléphoniques, réunions…) et à un relâchement de la pression sur les délais. 
  • L’opportunité d’avancer sur des projets « de fond » que l’on avait si longtemps mis de côté et de réfléchir au sens et à la construction de l’avenir.
  • La mise en lumière de pistes concrètes d’optimisation de son temps et de son efficacité grâce aux outils technologiques (visio-conférences, gestion de projet, …), qui peuvent accélérer la transformation des entreprises et la réinvention des métiers, tout en maintenant le lien avec ses collègues et managers.

D’un autre côté, ce télétravail massif dans les professions s’y prêtant a généré aussi des effets négatifs :

  • Un sentiment d’isolement, pouvant impacter significativement la motivation voire se traduire par une certaine détresse psychologique pour plus de 40 % des personnes interrogées dans le cadre d’une étude pour l’Empreinte Humaine **
  • Stress et surcharge : le risque d’une hyper-connexion, sur-sollicitation du management, multiplication des réunions vidéo et appels téléphoniques
  • Une moindre productivité pour près d’un collaborateur sur deux***, qui peut notamment être reliée à un environnement peu propice au travail (73% des interrogés* indiquent ne pas disposer d’un espace réservé pour travailler), à la difficulté de respecter une routine quotidienne avec des horaires équivalents (20% des salariés déclarent travailler moins qu’en temps normal*) ou encore à la difficulté de gérer la vie familiale (enfants en bas âge, scolarité à distance, tâches ménagères,…)
  • Blurring : Une frontière entre sphère privée et vie professionnelle qui s’estompe et le sentiment d’une certaine invasion qui peut être mal vécue (visibilité de son domicile, de sa famille, …)

Ce bilan n’est sans doute pas exhaustif, et n’hésitez pas à me communiquer votre propre retour d’expérience. 

Quoi qu’il en soit, ce bilan est ambivalent, ce que l’on retrouve dans les sondages : si 76% des télétravailleurs regrettaient leur bureau seulement 2 semaines après le début de confinement* et 39% se sentent aujourd’hui moins engagés dans leur travail qu’avant le confinement ****, 62% aimeraient avoir recours au télétravail après la crise* et 85% des Français auront un a priori positif sur une entreprise qui le propose*.

En synthèse, on pourrait dire que le télétravail présente de nombreux avantages, dès lors qu’ils est préparé et bien géré… ce qui n’a pas été possible compte tenu de la soudaineté du confinement.

On peut donc s’interroger sur l’impact de cette crise sur l’organisation du travail, et sur la « fonction » réelle des bureaux. Pourquoi, ou plus exactement « Pour Quoi » retourner au bureau demain ? Quelles implications possibles pour les espaces de travail ? C’est ce qui fera l’objet de la deuxième et troisième partie de cet article. A suivre, donc …

Sources :

* Etude on-line réalisée pour Deskeo du 19 au 24 mars 2020, et relayée par le journal Le Progrès, auprès de 2 736 professionnels (21% d’indépendants, 79% de salariés)

** Etude on-line réalisée par Opinion Way du 31 mars au 8 avril 2020 auprès de 2000 personnes représentatives des salariés français 

*** Consultation non représentative réalisée par l’Anact auprès de 4152 personnes du 8 au 15 avril 2020

**** Sondage non représentatif réalisé par Welcome to the Jungle auprès de 1035 répondants du 7 au 23 avril 2020